Ce jour-là, dans une caserne de Metz, j’ai écrit une lettre polie au maréchal Pétain. Une lettre de deux pages, sur papier à en-tête du régiment, avec toutes les formules réglementaires. Je lui…

Ce jour-là, dans une caserne de Metz, j'ai écrit une lettre polie au maréchal Pétain. Une lettre de deux pages, sur papier à en-tête du régiment, avec toutes les formules réglementaires. Je lui...

En août 1938, le colonel Charles de Gaulle, commandant le 507e régiment de chars à Metz, prend sa plume et écrit au maréchal Philippe Pétain. La lettre est polie, mesurée, rédigée selon le cérémonial strict de l’armée française. Mais derrière la courtoisie des formules se cache quelque chose d’irréversible. Il annonce la publication prochaine d’un livre, La France et son armée, un ouvrage dont Pétain considérait qu’il lui revenait de droit.

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Vingt-cinq ans de compagnonnage, de protection, d’admiration mutuelle et de conflits rentrés s’effondrent en quelques semaines. Deux hommes qui avaient partagé les mêmes ambitions pour la France se retrouvent soudain de chaque côté d’une ligne qu’aucun d’eux ne franchira plus jamais. Ce que vous allez découvrir, c’est la mécanique précise d’une rupture. Pas un éclat de colère, pas une dispute sur un champ de bataille, mais quelque chose de plus froid, de plus définitif.

Un livre, une dédicace, et la compréhension brutale que deux hommes n’avaient jamais vraiment habité le même monde. Pour comprendre cette rupture, il faut revenir au commencement. Arras, octobre 1912. Un jeune lieutenant fraîchement sorti de Saint-Cyr rejoint le 33e régiment d’infanterie.

Il mesure un mètre quatre-vingt-seize, ce qui lui vaut déjà des surnoms, et il porte avec lui une certaine idée de la France. Catholique, monarchiste de cœur, rallié à la République par raison plutôt que par conviction, son nom est Charles de Gaulle. Il a vingt-deux ans. Le colonel qui commande ce régiment s’appelle Philippe Pétain.

Pétain a cinquante-six ans. Il est à deux ans de la retraite. Mais ce n’est pas un homme fini, c’est un homme incompris. L’état-major de l’époque croit à l’offensive à outrance, à l’élan des baïonnettes, à la supériorité du moral sur le feu.

Pétain, lui, répète depuis des années que c’est l’artillerie qui gagne les batailles, que la guerre moderne tue les hommes qui chargent debout. On le marginalise pour ça. C’est dans cette garnison d’Arras qu’il rencontre de Gaulle. La rencontre est immédiate, non pas au sens d’une amitié de café, mais quelque chose de réel se noue entre ces deux hommes que presque tout oppose.

Pétain est fils de paysan du Nord, agnostique anticlérical. De Gaulle est bourgeois catholique rigide, habité d’une gravité qui agace ses camarades, où on l’appelle « le connétable » pour son air royal. Pourtant, l’un voit dans l’autre ce que les autres ne voient pas. Pétain devine chez ce jeune officier une intelligence militaire peu commune.

De Gaulle admire dans ce colonel placardisé un homme qui a le courage de penser contre le courant. L’été 1914 balaye les théories de l’offensive à outrance dans des torrents de sang. Les attaques frontales de l’infanterie française coûtent trois cent mille hommes en quelques semaines. Pétain, promu à une vitesse stupéfiante, devient l’homme indispensable d’une armée qui apprend à survivre.

De Gaulle, lui, se bat. Le 2 mars 1916 à Verdun, une baïonnette le traverse alors que sa compagnie est encerclée. Il tombe inconscient. C’est un officier allemand qui le récupère et le sauve.

De Gaulle passe le reste de la guerre dans des camps de prisonniers en Allemagne, notamment à Ingolstadt, où il organise cinq tentatives d’évasion, toutes avortées. C’est Pétain lui-même qui rédige sa citation pour Verdun : « Haute valeur intellectuelle et morale. » Pas seulement courageux, remarquable. Après l’armistice, leur destin se recroise.

Pétain est désormais maréchal de France, héros national. De Gaulle est un commandant inconnu qui doit reconstruire sa carrière. Et c’est là que Pétain fait quelque chose de décisif. Il le prend sous son aile.

En 1925, il l’appelle à son état-major personnel, la « maison Pétain », avec une mission particulière. Pétain, qui n’a jamais rien écrit de sa vie, mais qui souhaite entrer à l’Académie française, veut publier un livre, « Le Soldat », à travers les siècles, qui doit paraître sous son nom seul. Il charge de Gaulle d’en être la plume. De Gaulle travaille sur ce projet de 1925 à 1927.

Il rédige des chapitres sur l’Ancien Régime, la Révolution, Napoléon. Il les soumet à Pétain, qui les corrige, qui les amende. C’est une collaboration de fond, une collaboration d’état-major où le chef signe le travail du subordonné. Pétain impose également à la direction de l’École de guerre d’organiser trois conférences de son protégé.

En avril 1927, de Gaulle monte sur scène et prononce trois conférences sur le commandement, le caractère et le prestige. Des textes qui formeront plus tard la base de son livre « Le Fil de l’épée ». C’est Pétain qui l’a introduit sur cette scène, mais la collaboration sur « Le Soldat » se grippe. De Gaulle veut que son nom figure sur la couverture.

Pétain refuse. Le livre doit être signé du maréchal seul. Il y a au moins une réunion orageuse, fin 1926. Des témoins voient de Gaulle sortir du bureau de Pétain blanc de colère.

Le projet meurt. En octobre 1926, de Gaulle regagne Maillans. Il emporte ses manuscrits avec lui. Dans les années qui suivent, leur chemin divergent sans se couper.

De Gaulle publie « Le Fil de l’épée » en 1932, qu’il dédie encore à Pétain avec les formules du respect : « Au maréchal Pétain qui a voulu que ce livre soit écrit et qui a dirigé de ses conseils et de ses encouragements l’élaboration de cet ouvrage. » Le maître bénéficie encore de l’hommage public, mais c’est la dernière fois. En 1934, de Gaulle publie « Vers l’armée de métier », un livre dans lequel il préconise la création de grandes unités blindées professionnelles, capables de percer les lignes ennemies en profondeur, plutôt que de les contourner par des forteresses fixes. C’est une vision qui s’oppose frontalement à la doctrine défensive incarnée par la ligne Maginot, ce mur de béton et d’acier que la France construit à grand frais sur sa frontière avec l’Allemagne.

Pétain croit à la ligne Maginot. De Gaulle croit au char. Et en Allemagne, depuis novembre 1934, Adolf Hitler crée déjà ses premières Panzerdivisionen, point par point, au principe de de Gaulle. Pétain est mécontent du livre, l’expression « armée de métier » le choque.

Il y voit une menace pour la République, un risque de prétorianisme militaire. Dans les sénacles politiques, Léon Blum rejette lui aussi le principe pour les mêmes raisons. Seul Paul Reynaud, parmi les personnalités d’envergure, se laisse convaincre par l’argumentation du colonel de Gaulle. Et Pétain commence à percevoir chez son ancien protégé une ambition dévorante qui lui déplaît.

De Gaulle, en coulisse, dit des choses dures sur lui. Il aurait glissé à des amis cette formule : « Pétain est un grand homme mort en 1925. Le drame, c’est qu’il ne l’a pas su. » Formule assassine.

Formule d’un homme qui a regardé son mentor de près et qui ne le craint plus. Mais c’est en 1938 que tout se joue. Metz, le 2 août 1938. Le colonel Charles de Gaulle prend sa plume et écrit au maréchal Pétain.

La lettre est rédigée sur papier à en-tête du régiment, et elle commence avec la politesse codifiée de l’armée française : « J’ai l’honneur de vous rendre compte de la publication prochaine d’un ouvrage de votre serviteur, “La France et son armée”. » Il s’y efforce, dit-il, de réaliser cette synthèse dont Pétain l’avait jadis chargé. Il note, et la formule est un chef-d’œuvre de diplomatie acide, que « l’attitude de réserve impassible adoptée par le maréchal relativement à la Grande Guerre rendrait inconcevable l’aboutissement de l’ancien projet ». En clair : vous n’avez pas voulu coopérer au livre que vous m’aviez demandé d’écrire, donc je le publie sous mon nom.

« La France et son armée » reprend une partie substantielle des textes rédigés pour le projet abandonné. Cent vingt pages environ. Les chapitres sur l’Ancien Régime, la Révolution et Napoléon sont issus du travail d’état-major effectué sous la direction de Pétain entre 1925 et 1927. Des pages que Pétain a lues, corrigées, annotées.

Des pages qu’il considère, d’une certaine façon, comme les siennes. De Gaulle propose une dédicace. Il envoie à Pétain un projet : « À monsieur le maréchal Pétain qui a bien voulu au cours des années 1925 à 1927 m’aider de ses conseils pour la préparation des chapitres 2 à5 de ce volume, j’adresse l’hommage de ma reconnaissance. » Formulation minimale.

Pétain avait aidé de ses conseils, pas voulu que ce livre soit écrit, comme dans la dédicace du « Fil de l’épée » de 1932. Pas diriger la rédaction. Juste aiderde ses conseils. La réponse de Pétain arrive le 6 octobre 1938, signée de sa main.

Il vient de recevoir l’exemplaire imprimé. Il est en colère, pas une colère explosive. Pétain est un homme du Nord qui contrôle ses expressions, mais une colère froide, documentée, militaire. Il rejette les termes de la dédicace et exige qu’on substitue, aux prochaines éditions, le texte qu’il avait lui-même rédigé.

La dédicace finale imprimée se lisait : « À monsieur le maréchal Pétain qui a voulu que ce livre fût écrit, qui dirigea de ses conseils la rédaction des cinq premiers chapitres et grâce à qui les deux derniers sont l’histoire de notre victoire ». Pétain en voulait davantage encore. La querelle sur les mots de cette dédicace est en réalité une querelle sur la propriété d’une œuvre et sur l’honneur. Pour Pétain, la question est simple : de Gaulle a utilisé un travail qui devait lui revenir.

Pour de Gaulle, la question est tout aussi simple :il a écrit ces pages. Le fait que Pétain a supervisé et corrigé ne fait pas de lui l’auteur. En novembre 1938, Pétain dit à ses proches ce qu’il pense vraiment de son ancien protégé. Jean Lacouture, le grand biographe de de Gaulle, rapporte que jusqu’en 1938, Pétain avait traité de Gaulle avec une bienveillance sans borne.

En octobre 1938, il le juge désormais :« Un homme ambitieux et très mal élevé. » C’est terminé. . Deux ans après cet échange de lettres, la France tombe.

Le 10 mai 1940, les Panzerdivisionen, exactement le type d’unités blindées que de Gaulle préconisait depuis 1934, franchissent les Ardennes et contournent la ligne Maginot par le nord. En quelques semaines, l’armée française est encerclée et brisée. Le 14 juin, les troupes allemandes entrent dans Paris. Et c’est Pétain, le maréchal, le héros de Verdun, quatre-vingt-quatre ans, qui prend la tête du gouvernement.

Le 17 juin 1940, Pétain s’adresse aux Français à la radio. Sa voix chevrotante annonce qu’il faut cesser le combat. C’est la capitulation habillée en sagesse. Le lendemain, 18 juin 1940, depuis les studios de la BBC à Londres, Charles de Gaulle répond.

L’appel du 18 juin n’est pas un discours de victoire, c’est un pari sur l’avenir lancé dans le vide par un homme sans armée, sans gouvernement, sans légitimité officielle autre que sa propre conviction. Ces deux hommes, qui se sont rencontrés à Arras en 1912, qui se sont disputés sur une dédicace en 1938, se retrouvent désormais aux deux pôles opposés de l’histoire de France. Et voici ce que peu de gens savent. Pendant que de Gaulle lance son appel depuis Londres, le régime de Vichy le condamne à mort.

Le 2 août 1940, un tribunal militaire à Clermont-Ferrand prononce, par contumace, la peine de mort contre Charles de Gaulle, accompagnée de la dégradation militaire et de la confiscation de ses biens. C’est sous l’autorité de Pétain que son ancien protégé, l’officier à qui il avait confié l’écriture de son livre, est condamné à être fusillé s’il remettait jamais les pieds en France. Le maître et le disciple se sont transformés en ennemis mortels, littéralement. Pendant quatre ans, de juin 1940 à août 1944, ces deux hommes incarnent deux Frances irréconciliables.

À Vichy, Pétain gouverne avec une autorité formelle que les Allemands tolèrent parce qu’elle leur est utile. Il signe les lois antisémites de 1940 et 1941, qui excluent les juifs de la fonction publique, des professions libérales, de l’armée, de l’enseignement. Il laisse la Gestapo opérer sur le sol français. Il laisse rafler les Juifs, d’abord les étrangers, puis les Français.

Il parle de collaboration comme d’une politique d’avenir, serrant la main à Hitler à Montoire en octobre 1940. À Londres puis à Alger, de Gaulle construit patiemment une légitimité alternative. Il rassemble des troupes, négocie avec Churchill et Roosevelt, qui le trouvent exaspérant mais indispensable, et attend l’heure du retour. Cette heure vient le 25 août 1944 quand les chars de la 2e division blindée du général Leclerc entrent dans Paris libéré.

De Gaulle descend les Champs-Élysées sous les acclamations d’une foule immense. Pétain, lui, a suivi les Allemands dans leur retraite, mais il refuse l’asile que lui offre la Suisse. Le 26 avril 1945, il se remet aux autorités françaises à la frontière. Il est transféré au fort de Montrouge, à Paris.

Le 23 juillet 1945 s’ouvre, au palais de justice de Paris, le procès du maréchal Pétain devant la Haute Cour de justice. L’atmosphère est électrique. Des foules attendent dehors dans la chaleur de l’été. Le parti communiste réclame à corps et à cri la condamnation à mort.

Les avocats de la défense, maîtres Fernand Payen, Jacques Isorni et Jean Lemaire, plaident la bonne foi, le rôle de bouclier entre la France et l’occupant, l’intentionde protéger les Français du pire. L’accusation plaide, elle,la trahison délibérée, les lois antisémites signées de sa propre main, les déportations laissées s’accomplir sur le sol français. Pétain lui-même, âgé de quatre-vingt-neuf ans, est présent dans le box des accusés. Il ne répond pas aux questions.

Il a rédigé une déclaration qu’il lit en début d’audience, et au-delà de laquelle il refuse de s’expliquer, comme s’il voulait que sa seule présence physique soit le plaidoyer. « Regardez-moi. Je suis venu. Je n’ai pas fui.

Je suis là. »

Le verdict tombe dans la nuit du 14 au 15 août 1945, à quatre heures trente du matin. La Haute Cour déclare Philippe Pétain coupable d’intelligence avec l’ennemi et de haute trahison. Il est condamné à mort, à l’indignité nationale, à la confiscation de ses biens.

L’arrêt se termine par un vœu solennel :que cette condamnation à mort ne soit pas exécutée, comptetenu du grand âge de l’accusé. Un seul homme a le pouvoir de commuer cette peine :le chef du gouvernement provisoire de la République française, Charles de Gaulle. L’homme que Pétain avait introduit à l’École de guerre. L’homme dont Pétain avait supervisé les premiers écrits.

L’homme que le régime de Vichy avait condamné à mort cinq ans plus tôt. Toute l’histoire de ces vingt-cinq ans se trouve concentrée dans ce moment unique. Le disciple tient dans ses mains le destin du maître. L’homme condamné à mort par Pétain en 1940 tient maintenant entre ses mains la vie de Pétain en 1945.

La symétrie est parfaite et cruelle et complètement réelle. De Gaulle commue la peine. La mort devient la prison à perpétuité. Pétain est transféré à l’île d’Yeu, au large de la Vendée, dans la citadelle du port de Joinville.

Il y restera jusqu’à sa mort, le 23 juillet 1951, exactement six ans après l’ouverture de son procès, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans. Et de Gaulle, à plusieurs reprises, intervient pour que les conditions de détention de Pétain soient adoucies. Non pas pour l’absoudre. Non pas pour effacer la trahison.

Mais parce que quelque chose subsistait. Quelque chose qui n’était pas de la tendresse, mais qui n’était pas non plus de la haine froide. Peut-être était-ce le souvenir d’Arras, en 1912. Peut-être était-ce cette formule que de Gaulle avait dite un jour :« Le maréchal Pétain était un grand homme mort en 1925.

Le drame, c’est qu’il ne l’a pas su. » Formule qui est à la fois un jugement et quelque chose qui ressemble à un deuil. L’homme qui avait connu, admiré, servi, affronté, avait déjà disparu avant que la grande catastrophe arrive. Revenons un instant à cette lettre d’août 1938.

Deux pages sur papier à en-tête du 507e régiment de chars, rédigées depuis une caserne de Metz pendant que l’Europe se prépare à la guerre sans encore le savoir vraiment. Un colonel qui annonce à un maréchal la publication d’un livre. Des mots polis, des formules réglementaires, une proposition de dédicace qui est en réalité une déclaration d’indépendance. Après vingt-cinq ans, de Gaulle signait son propre nom.

Il n’était plus la plume du maréchal. Il était lui-même. Pétain le comprit, et la réponse froide qu’il fit en octobre 1938 était la reconnaissance implicite de ce changement. L’élève avait quitté le maître.

Il ne restait plus qu’à attendre de voir lequel des deux avait raison sur la France et sur ce qu’il fallait faire quand vint la tempête. L’histoire a tranché. Elle tranche toujours, même si elle prend son temps. Ce que cette histoire nous dit, c’est quelque chose de difficile à entendre.

Les grandes ruptures ne commencent pas par des explosions. Elles commencent par des lettres polies, des dédicaces négociées, des formules soigneusement pesées qui disent de moins que ce qu’elles cachent. Et parfois ce qu’elles cachent, c’est toute la distance entre deux manières de comprendre ce que l’on doit à son pays, à sa parole et à soi-même. De Gaulle et Pétain se sont rencontrés en 1912 à Arras.

Ils ne se sont plus jamais revus après juin 1940. La dernière image qu’ils ont eue l’un de l’autre, c’est peut-être celle du 18 juin. L’un à la radio depuis le territoire occupé, l’autre depuis les studios de la BBC. Deux voix dans le même espace hertzien, deux messages qui s’annulent, deux Frances qui s’excluent.

Deux destins partis du même régiment de province, un colonel à deux ans de la retraite et un lieutenant frais moulu de Saint-Cyr, arrivés aux deux extrémités opposées de l’histoire. La lettre de 1938 n’a pas créé cette rupture. Elle l’a révélée avec une clarté impitoyable. Elle a mis des mots précis et définitifs sur quelque chose qui existait depuis longtemps sous la surface des hommages et des dédicaces.

Deux hommes qui n’avaient jamais vraiment été d’accord sur ce que la France méritait et sur qui avait le droit de parler en son nom.