Le 25 novembre 1944, dans Strasbourg tout juste libérée, le général Leclerc signe un ordre du jour qui va entrer dans l’histoire. Cinq mots y sont écrits, cinq mots simples qui font pleurer des soldats endurcis : « Le serment de Koufra est tenu. »
Pour comprendre cette phrase, il faut revenir plus de quatre ans en arrière, dans le désert libyen, là où un homme seul avec une poignée de soldats a promis l’impossible. En juin 1940, la France s’effondre.

En six semaines, l’armée allemande traverse les Ardennes, contourne la ligne Maginot et brise les armées françaises et britanniques. Paris tombe le 14 juin. Le maréchal Pétain signe l’armistice le 22. Les drapeaux nazis flottent sur les grandes villes françaises.
Strasbourg, ville frontière disputée depuis des siècles, est annexée de fait par le Reich. Le drapeau à croix gammée est hissé sur la flèche de sa cathédrale dès le 19 juin 1940. Pour des millions de Français, c’est la fin. Pour un homme, c’est le début.
Philippe de Hauteclocque a 37 ans. Officier de cavalerie, saint-cyrien, issu d’une famille aristocratique du nord de la France, il est déjà blessé quand la débâcle commence. Il pourrait se résigner comme tant d’autres, rentrer chez lui, attendre, survivre. Mais quelque chose en lui refuse d’accepter.
Fin juillet 1940, quelques semaines après l’armistice, il rejoint Londres et se présente au général de Gaulle. Pour protéger sa famille des représailles nazies, il choisit un nom de guerre : Leclerc. De Gaulle l’envoie immédiatement en Afrique. En décembre 1940, Leclerc débarque à Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djamena au Tchad, comme commandant militaire du territoire.
La France libre y est installée grâce au gouverneur Félix Éboué, premier à avoir rallié sa colonie à de Gaulle. C’est depuis ce coin perdu d’Afrique équatoriale que Leclerc va commencer sa marche vers l’impossible. Il arrive avec une mission floue et des moyens dérisoires. Ce territoire enclavé, cerné par le désert, n’a presque rien : peu de soldats, peu de véhicules, peu d’armes.
Mais Leclerc est incapable de rester immobile. Dès son arrivée, il prépare quelque chose d’audacieux, quelque chose que ses propres supérieurs jugent à la limite du raisonnable. Il veut attaquer le Fezzan, cette vaste région désertique du sud de la Libye tenue par les Italiens, alliés d’Hitler. Pour commencer, il vise un objectif précis : l’oasis de Koufra, perdue au milieu du Sahara libyen, à plus de 1 500 kilomètres au nord de Fort-Lamy.
Koufra n’est pas n’importe quel point sur la carte. C’est le poste le plus méridional de l’axe italo-allemand en Afrique. Le fort El-Tag, protégé par des murs de quatre mètres de haut, est entouré d’un réseau dense d’armes automatiques et défendu par une garnison de plusieurs centaines d’hommes, appuyée par une compagnie saharienne motorisée qui patrouille dans le désert alentour et par plusieurs avions basés sur place. En face, Leclerc peut réunir en tout et pour tout environ 350 à 400 hommes.
Une centaine d’Européens, des méharistes, des tirailleurs camerounais et tchadiens. Il dispose d’une soixantaine de véhicules hétéroclites, de quelques mortiers et d’un seul canon de 75 mm de montagne, transporté sur un camion Chevrolet absolument pas prévu pour cet usage. C’est tout. Personne ne croit vraiment que cela peut marcher.
Les Britanniques, avec qui Leclerc devait coordonner l’opération en lançant une colonne depuis l’Égypte, se font tailler en pièces avant même d’atteindre leur objectif. L’effet de surprise est perdu. Leclerc n’a plus d’alliés. Il pourrait rebrousser chemin.
Il continue. La colonne part de Faya-Largeau, au nord du Tchad, le 26 janvier 1941, et s’enfonce dans le Sahara. Mille kilomètres de sable, de rochers, de vent, de froid nocturne et de chaleur accablante. Les véhicules tombent en panne, les hommes sont à bout, mais Leclerc pousse inlassablement.
Le 7 février, la colonne arrive en vue de Koufra. Ce qui suit est un chef-d’œuvre de bluff militaire. N’ayant pas les moyens d’attaquer de front, Leclerc décide de faire croire à la garnison italienne qu’il dispose de forces considérables. Son unique canon de 75 tire vingt à trente obus par jour en changeant constamment de position.
Les artilleurs déplacent la pièce nuit et jour pour donner l’impression d’une batterie entière. Trois coups particulièrement bien placés démoralisent la garnison. Un obus tombe dans la salle à manger des officiers italiens. Un autre abat le drapeau fasciste sur le mât du fort.
Les véhicules français se déplacent sans cesse, soulevant des nuages de poussière qui simulent d’importantes colonnes motorisées. Les Italiens, retranchés derrière leurs murs, surestiment massivement le nombre de leurs assaillants. Le 19 février, la compagnie saharienne lance une contre-attaque en force, appuyée par des avions. Leclerc riposte en personne, menant lui-même une charge à la baïonnette pour obliger les Italiens à se replier.
La compagnie décroche et s’éloigne dans le désert, laissant la garnison du fort seule, coupée de tout secours. Sans ravitaillement, sans renfort, sans espoir, les défenseurs du fort El-Tag capitulent le 1er mars 1941. À leur sortie, les officiers italiens sont stupéfaits. Ils s’attendaient à faire face à une armée puissante et découvrent les maigres effectifs qui les ont assiégés pendant près d’un mois.
Le lendemain matin, le 2 mars 1941, à huit heures précises, le drapeau tricolore à la croix de Lorraine est hissé sur le fort El-Tag. Les hommes se rassemblent dans la cour. Et Leclerc, ce colonel de 38 ans, debout dans la poussière saharienne à des milliers de kilomètres de la France occupée, prononce des mots qui vont traverser le temps. « Nous jurons de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.
»
Les soldats européens et africains reprennent le serment ensemble, à la suite de leur chef. C’est le serment de Koufra. La nouvelle de la victoire parvient à Londres via la radio. De Gaulle envoie immédiatement un télégramme à Leclerc : « Les glorieuses troupes du Tchad et leurs chefs sont sur la route de la victoire.
Je vous embrasse. »
La BBC diffuse l’information. Pour la première fois depuis l’armistice du 22 juin 1940, des troupes françaises sous commandement français ont remporté une victoire. Une modeste oasis dans un désert au bout du monde, mais une victoire, la première.
Dans ce monde de 1941 où rien ne va dans le sens des Alliés, où la Wehrmacht domine l’Europe, où Rommel écrase les Britanniques en Afrique du Nord, cette victoire symbolique est un oxygène rare. Mais personne, en mars 1941, ne peut vraiment croire que le serment prononcé dans ce fort poussiéreux du Sahara libyen sera un jour tenu. Strasbourg est à des milliers de kilomètres. La France est occupée.
L’Allemagne nazie est au faîte de sa puissance. Et Leclerc n’a même pas encore de division. Il a quelques centaines d’hommes, des camions en mauvais état, et un serment. Ce qui suit est une épopée qui va durer trois ans et demi et parcourir plusieurs continents.
Leclerc ne s’arrête pas après Koufra. Il repart en campagne. En décembre 1942, il lance la conquête du Fezzan, cette immense région désertique libyenne où les Italiens sont solidement implantés. Ses colonnes s’emparent de Sebha, la capitale régionale, le 12 janvier 1943.
Le lendemain, Mourzou tombe. Les Français prennent tout le Fezzan en quelques semaines et font un millier de prisonniers. Puis Leclerc pousse vers le nord, traverse la Libye, et le 24 janvier 1943, un élément de sa colonne entre à Tripoli quelques heures après les Britanniques de Montgomery. La jonction est faite.
Une nouvelle force est née dans le désert : la 2e division blindée. Leclerc commande maintenant une véritable division blindée, équipée de chars Sherman américains, de half-tracks et d’artillerie moderne. Une force de combat sérieuse. Après la campagne de Tunisie en 1943 et des mois de réorganisation au Maroc, la 2e DB débarque en Normandie le 1er août 1944, intégrée à la 3e armée américaine du général Patton.
Elle participe aux combats pour briser la poche de Falaise. Puis vient Paris. Le 23 août 1944, les chars de Leclerc entrent dans Paris. C’est lui qui libère la capitale française, et non les Américains, grâce à une décision politique de de Gaulle et à l’accord du général Eisenhower.
La scène est inoubliable. Des centaines de milliers de Parisiens dans les rues, des fleurs jetées sur les chars, des femmes qui pleurent, des hommes qui crient. Leclerc est au milieu de tout cela, impassible, droit. Mais quelque chose dans son regard dit qu’il pense déjà à autre chose, à la promesse qui lui reste à tenir.
Car Paris n’est pas Strasbourg. Le serment dit Strasbourg. Et Strasbourg est encore sous le drapeau nazi, annexée depuis 1940, traitée comme une ville allemande depuis quatre ans. Les Alsaciens ont été soumis à la germanisation forcée.
Leurs enfants ont été enrôlés de force dans la Wehrmacht, les tristement célèbres « Malgré-nous ». La cathédrale porte toujours le drapeau à croix gammée. Et ce n’est pas n’importe quelle cathédrale. C’est un monument vieux de plusieurs siècles, un symbole de l’Alsace, une flèche qui domine toute la plaine du Rhin.
Leclerc doit y planter le tricolore. Il l’a juré. Après Paris, la 2e DB fonce vers l’est. Vittel est libérée le 12 septembre, Baccarat le 3 novembre.
La division avance à une cadence qui épuise les hommes et les machines. Et puis, en novembre 1944, elle se retrouve face aux Vosges, cette chaîne de montagnes qui barre la route de l’Alsace. Les défenses allemandes y sont solides. Cinquante mille Alsaciens ont été réquisitionnés de force pour creuser des tranchées et construire des positions fortifiées dans les cols et les forêts.
La 2e DB attaque le 17 novembre à Badonviller. En quelques jours de combat acharné dans les bois et les crêtes enneigées des Vosges, elle perce les défenses allemandes. Le 22 novembre, elle s’empare de Saverne et de Saverne, le passage naturel entre les Vosges et la plaine d’Alsace. C’est la clé.
La route de Strasbourg est ouverte. Dans la nuit du 22 au 23 novembre, Leclerc reçoit l’ordre : prendre Strasbourg le lendemain, si le 6e corps américain n’y est pas arrivé avant. Le 23 novembre 1944, à sept heures du matin, la 2e DB s’élance en cinq colonnes, guidées par des combattants FFI alsaciens qui connaissent le terrain. La surprise est totale.
Les Allemands, désorientés par la rapidité de la percée, ne comprennent pas ce qui leur arrive. À neuf heures, la ceinture ouest des fortifications est atteinte. Le message codé claque sur les radios alliées : « Tissu est dans Yode. » La 2e DB est dans Strasbourg.
Ce n’est pas une promenade. La ville est entourée de forts où se sont retranchés vingt mille soldats allemands. Toute la journée du 23, le lendemain et une partie du surlendemain, les hommes de Leclerc se battent autour des casernes et devant les forts, dans les faubourgs. Le lieutenant-colonel Rouvillois, dont les chars sont entrés les premiers, se bat maison par maison.
Massu, avec son bataillon du régiment de marche du Tchad, ces mêmes soldats ou leurs héritiers directs qui étaient à Koufra, nettoie les positions ennemies. Mais la ville est prise. Et à un moment de cette journée du 23 novembre 1944, un spahi marocain du nom de Maurice Lebrun escalade la flèche de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg. Dans ses mains, un drapeau fabriqué en urgence par une bouchère de la place Saint-Étienne, Émilienne Laurence, qui a teint un drap blanc au bleu de méthylène et ajouté un bout d’étendard nazi rouge pour faire les trois couleurs.
Ce drapeau improvisé, cousu à la hâte dans une arrière-boutique alsacienne, monte au sommet de la cathédrale. Le tricolore flotte sur Strasbourg. Le 25 novembre, Leclerc signe l’ordre du jour numéro 78. Il le fait placarder sur les murs de la ville libérée.
On peut y lire ces mots : « En cinq jours, vous avez traversé les obstacles, malgré les défenses ennemies, et libéré Strasbourg. »
Et puis cette phrase, destinée aux habitants de la ville : « Habitants de Strasbourg, la France et ses alliés ne recommenceront pas la faute d’hier. L’envahisseur ne reviendra pas. »
Et pour ces hommes, pour lui-même, pour tous ceux qui ont juré à Koufra : « Le serment de Koufra est tenu.
»
Cinq mots. Cinq mots pour clore une promesse de presque quatre ans, prononcée dans le sable du Sahara libyen un matin de mars 1941. Il a fallu traverser le désert libyen, le Fezzan, la Tunisie, l’Atlantique, les plages de Normandie, les bocages normands, Paris, les Vosges. Il a fallu des milliers de kilomètres et des milliers d’hommes.
Il a fallu la mort de centaines de soldats. Il a fallu des tirailleurs tchadiens et camerounais qui ne savaient pas où se trouvait Strasbourg, mais qui ont quand même juré, ce matin du 2 mars 1941, dans la cour d’un fort poussiéreux de Libye, de ne pas s’arrêter avant. Le serment est tenu. Ce que cette histoire dit de Leclerc, et ce qui le rend si particulier, c’est qu’il n’a jamais dissocié la parole et l’acte.
Dans un monde où la défaite est totale, où les arguments rationnels plaident tous pour la résignation, il prononce des mots et les transforme en programme. Le serment de Koufra n’est pas une rhétorique creuse, c’est un moteur. Chaque étape de l’épopée, le Fezzan, la Tunisie, la Normandie, Paris, les Vosges, est une étape vers l’accomplissement de cette promesse. Leclerc se comporte comme si la victoire était déjà acquise, comme si le chemin depuis Koufra jusqu’à Strasbourg était une ligne droite qu’il n’avait qu’à parcourir jusqu’au bout.
Et cette certitude se transmet à ses hommes. Les soldats de la 2e DB, Français de métropole, Africains subsahariens, soldats marocains et algériens, républicains espagnols engagés dans la France libre, combattent avec la conscience de participer à quelque chose qui dépasse la bataille du jour. Ils portent un serment. Il faut aussi dire quelque chose que l’histoire officielle a parfois tendance à minimiser : ce serment, c’est aussi l’histoire de soldats africains.
Les quelques trois cents hommes qui étaient à Koufra le 2 mars 1941, ces tirailleurs camerounais et tchadiens, ces méharistes du désert, ont prêté le serment aussi. Ils ne connaissaient pas Strasbourg. La cathédrale alsacienne n’était pour eux qu’un nom prononcé par leur commandant. Mais ils ont levé la main et juré.
Et beaucoup d’entre eux, ou leurs camarades qui ont rejoint la colonne ensuite, sont morts en route, à Bir Hakeim, en Tunisie, en Normandie, sans jamais voir la flèche de la cathédrale. C’est leur serment aussi. Et il a été tenu en leur nom, même s’ils ne sont pas là pour le savoir. La menace n’est pas immédiatement levée après le 23 novembre 1944.
En janvier 1945, les Allemands lancent l’opération Nordwind, « Vent du Nord », une contre-offensive massive destinée à reprendre Strasbourg. Les combats sont violents. La 2e DB, appuyée par les FFI alsaciens et les forces américaines, repousse l’attaque. Strasbourg reste française.
L’envahisseur ne reviendra pas, comme l’avait écrit Leclerc dans son ordre du jour. La promesse tient jusqu’au bout. Leclerc, lui, continuera jusqu’au bout aussi. Il entrera en Allemagne, traversera la Bavière, et le 5 mai 1945, ses hommes atteindront Berchtesgaden, le nid d’aigle, la résidence de montagne d’Hitler dans les Alpes bavaroises.
C’est l’épilogue ultime d’une histoire qui a commencé dans le sable africain. L’homme qui est parti de Fort-Lamy avec quelques centaines de soldats hétéroclites et un seul canon de 75 mm a fini par planter le drapeau français dans le repère même du dictateur qui avait envahi la France. Le 28 novembre 1947, le général Leclerc de Hauteclocque meurt dans un accident d’avion au-dessus de l’Algérie. Il a 44 ans.
La France perd l’un de ses fils les plus brillants. Il sera fait maréchal de France à titre posthume en 1952. Mais ce qui lui survit le mieux, ce n’est pas le titre ou les décorations. C’est cette phrase, ces cinq mots gravés sur des monuments dans des dizaines de villes françaises que la 2e DB a libérées en 1944.
Des bornes du serment de Koufra jalonnent encore aujourd’hui la voie de la 2e DB, de la Normandie jusqu’à Strasbourg. « Le serment de Koufra est tenu. »
Ce que cette histoire nous dit, à nous qui la regardons depuis le confort de notre époque, c’est quelque chose de dérangeant et de nécessaire à la fois. Elle nous dit que dans les moments où tout le monde abandonne, où les arguments rationnels plaident tous pour la résignation, il y a des hommes qui décident que la raison a tort.
Leclerc n’avait aucune raison objective de croire, en mars 1941 dans le désert libyen, qu’il atteindrait jamais Strasbourg. La France était occupée. Il avait quelques centaines de soldats et un canon. L’Allemagne nazie dominait l’Europe.
Mais il a prononcé le serment quand même. Pas par folie, par conviction. Et cette conviction, transmise de chef en soldat, de génération en génération de combattants de la 2e DB, a fini par plier la réalité à la promesse. C’est peut-être cela, la leçon de Koufra.
Pas que les serments tiennent toujours, l’histoire est pleine de promesses brisées. Mais que certains hommes, dans certains moments, décident que leur parole vaut plus que la vraisemblance. Et qu’en décidant cela, ils transforment ce qui était impossible en ce qui s’est passé. Il y a une image qui résume peut-être mieux que n’importe quel discours ce que le serment de Koufra représente.
C’est celle d’un spahi marocain, Maurice Lebrun, pilote de char du premier régiment de marche des spahis marocains, qui escalade la flèche de la cathédrale de Strasbourg le 23 novembre 1944, avec un drapeau fabriqué à la va-vite dans une boucherie de la place Saint-Étienne. Ce drapeau n’est pas beau. Il est cousu dans un drap blanc que la bouchère Émilienne Laurence a partiellement teint au bleu de méthylène. Pour le rouge, elle a utilisé un bout d’étendard nazi.
C’est avec ce tissu improvisé, ce symbole bricolé, que le serment prononcé dans le sable africain est accompli. Pas avec un cérémonial impeccable et des drapeaux de parade. Avec ce qu’il y avait sous la main, dans l’urgence du moment, dans la fièvre de la libération. Le drapeau flotte sur la cathédrale.
Le serment est tenu. Et cette histoire, cette longue marche depuis le sable de Libye jusqu’aux rues de Strasbourg, mérite d’être racontée encore et encore, pour que nous nous souvenions de ce que signifie refuser de baisser les bras.

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