Nous étions en juin 1940, dans une pièce où Churchill venait de supplier la France de continuer le combat. Mon grand-père m’a raconté que le général Weygand portait la montre de Foch, comme pour y…

Nous étions en juin 1940, dans une pièce où Churchill venait de supplier la France de continuer le combat. Mon grand-père m’a raconté que le général Weygand portait la montre de Foch, comme pour y...

Le 11 juin 1940, dans le château du Muguet à Briare, l’air était si épais qu’on aurait pu le couper au couteau. Churchill venait de lancer son appel vibrant : « La France doit tenir, tenir encore, tenir toujours. » Puis il avait proposé l’idée soutenue par de Gaulle : si la métropole tombait, le gouvernement devait s’embarquer pour l’Afrique du Nord et continuer la guerre depuis là-bas. C’est à ce moment que le général Maxime Weygand, 73 ans, s’était levé.

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Son uniforme était impeccable, mais son visage était fermé comme une porte blindée. Il avait regardé Churchill en face et avait déclaré : « Non, ce serait livrer la France entière à l’anarchie. Nous devons demander l’armistice. » Un silence de plomb avait envahi la pièce.

Weygand portait toujours la montre en or de son mentor, le maréchal Foch, celle qui avait traversé Verdun et la Marne. Il la regardait comme si elle pouvait lui donner une réponse. Mais il avait déjà choisi. Trois semaines plus tôt, il avait été rappelé de Syrie pour remplacer Gamelin, paralysé face à l’offensive allemande.

Partout, les colonnes blindées enfonçaient les lignes françaises, et il avait compris que la défaite était inévitable. Ce choix allait diviser la France. Certains diraient que Weygand avait condamné le pays à quatre ans d’occupation. D’autres affirmeraient qu’il avait été le seul à voir la réalité en face.

Mais une question demeurait : qui, un jour, oserait lui demander des comptes ?