En juin 1940, mon officier a traversé la Manche avec presque rien, juste un nom de guerre, et a juré devant une poignée d’hommes dans le désert libyen : « Je ne déposerai les armes que lorsque nos…

En juin 1940, mon officier a traversé la Manche avec presque rien, juste un nom de guerre, et a juré devant une poignée d’hommes dans le désert libyen : « Je ne déposerai les armes que lorsque nos...

En juin 1940, un officier français s’échappe d’une France qui s’effondre. Il traverse la Manche, rejoint de Gaulle à Londres avec presque rien en poche, juste un nom de guerre : Leclerc. Ce qui suit, c’est l’histoire de cet homme qui, parti du fin fond de l’Afrique, au cœur du Sahara, avec une poignée d’hommes et des camionnettes rouillées, a traversé des milliers de kilomètres de désert, de plaines brûlées et de villes dévastées, pour arriver jusqu’à Paris, jusqu’à la capitulation d’un général allemand à la gare Montparnasse, jusqu’à Strasbourg, jusqu’à Berchtesgaden, le refuge d’Hitler en Bavière. Tout commence à Fort-Lamy, capitale du Tchad, aujourd’hui N’Djamena.

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En décembre 1940, c’est le bout du monde. Une ville coloniale sous un soleil de plomb, à des milliers de kilomètres de la France occupée. Les rues sont en terre battue, la plupart des maisons n’ont pas l’eau courante. C’est de là que Leclerc va lancer une offensive qui, sur le papier, ressemble à une folie.

Il s’appelle en réalité Philippe de Hauteclocque, fils d’une vieille famille aristocratique du nord de la France. Saint-cyrien, officier de cavalerie, capitaine en juin 1940 quand la débâcle se produit. Il est fait prisonnier deux fois par les Allemands, il s’échappe deux fois. Blessé, il traverse la France, l’Espagne, le Portugal, et finit par rejoindre de Gaulle à Londres.

Il adopte le pseudonyme de Leclerc pour protéger sa famille restée en France, et devient l’un des premiers officiers à rejoindre la France libre. Pas par calcul, pas par ambition politique, mais parce que pour lui, c’est la seule chose possible. La seule décision qui tient debout. De Gaulle lui confie le Tchad.

Mission simple en apparence : tenir ce territoire, rallier ce qu’il peut rallier, et agir. Frapper les Italiens en Libye, ouvrir un front au sud du Sahara, montrer que la France libre existe encore, même depuis le fond de l’Afrique. Leclerc arrive à Fort-Lamy le 2 décembre 1940. Le lendemain matin, il demande une carte.

Il pointe du doigt l’oasis de Koufra, à 1 700 kilomètres vers le nord, en plein désert libyen, et il dit : « On va prendre ça. »

Ceux qui sont autour de lui ce jour-là ne savent pas exactement comment réagir. Koufra, c’est un fort italien isolé au milieu du Sahara. Pour y arriver, il faut traverser des centaines de kilomètres de sable sans carte fiable, sans route, avec des véhicules d’avant-guerre et des pneus qui n’ont jamais été pensés pour ce terrain.

L’un de ses subordonnés dira plus tard : « Cette entreprise est une folie, aucun de nous n’en reviendra. »

Leclerc n’en démord pas. Il réunit ce qu’il peut. Une centaine d’Européens, 250 méharistes et tirailleurs, des Tchadiens, des Camerounais, des hommes qui connaissent le désert infiniment mieux que lui.

Quelques dizaines de vieilles camionnettes équipées de mitrailleuses, cinq petits avions, des armes disparates, des uniformes qui ne correspondent à rien de standardisé. Et il part. Le 26 janvier 1941, toute la colonne s’engage vers le nord depuis le Tibesti. Le désert qui s’étend devant eux n’a rien de romantique.

C’est une succession de pistes ensablées, souvent impraticables, de cailloux, de vent, de chaleur le jour et de froid la nuit. Les véhicules tombent en panne, les pneus éclatent. Il faut désensabler les camions à la main sous le soleil, encore et encore. La navigation se fait à la boussole et aux étoiles.

Pas de GPS, bien entendu, pas de carte précise. Juste les étoiles et les hommes qui connaissent le terrain. Le 7 février, les éléments de tête de la colonne aperçoivent la palmeraie de Koufra à l’horizon. Ils ont parcouru plus de 1 600 kilomètres depuis leur base de départ.

Ce qui suit n’est pas une bataille au sens classique, c’est un siège. Les Italiens sont retranchés dans le fort El-Tag. La Sahariana, l’unité motorisée italienne censée défendre la zone, a déjà été mise en déroute dans les jours précédents. Leclerc encercle le fort, il bombarde, il attend, il resserre l’étau.

Le 1er mars 1941, des parlementaires sortent du fort. Les Italiens veulent négocier une reddition dans l’honneur. Les palabres s’éternisent. À un moment, Leclerc n’y tient plus.

Il s’avance lui-même parmi les négociateurs, ordonne aux officiers italiens de remonter dans leur véhicule, s’assoit à côté d’eux et leur dit de l’amener au commandant du fort. Les Italiens, estomaqués, obtempèrent. Arrivé devant le commandant, Leclerc pose ses conditions. La capitulation est signée le jour même.

La garnison défile devant lui : 11 officiers, 18 soldats italiens, 273 soldats libyens. Koufra est tombé. Les pertes françaises : quatre tués, 21 blessés. Le lendemain, dans la cour du fort conquis, Leclerc réunit ses hommes et prononce un serment.

Un serment qui va définir tout ce qui suit. Il dit : « Jure de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

Strasbourg. Une ville française annexée par l’Allemagne nazie, à plusieurs milliers de kilomètres de là, de l’autre côté du Sahara, de la Méditerranée, de l’Europe en guerre.

Un objectif qui semble, en mars 1941, totalement irréel. Mais Leclerc le jure, et ses hommes jurent avec lui. De Gaulle, depuis Londres, envoie un télégramme le lendemain : « Les glorieuses troupes du Tchad et leurs chefs sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse.

» Ce n’est pas une formule, c’est un constat. Parce que la victoire de Koufra, aussi modeste soit-elle militairement, est immense symboliquement. C’est la première victoire militaire de la France libre, la première de toute la guerre. La première fois que des soldats français, sous drapeau français et commandement français, battent l’ennemi dans un combat autonome.

Koufra est prise, mais Leclerc n’a pas l’intention de s’arrêter là. Il repart à Fort-Lamy, commence à préparer la phase suivante. Et la phase suivante, c’est le Fezzan, une région immense au sud-ouest de la Libye, à peu près de la taille de la France entière, tenue par les Italiens, bourrée de postes fortifiés, d’oasis défendues, de garnisons réparties sur des centaines de kilomètres. Pour comprendre l’ampleur de ce que Leclerc est en train de faire, il faut regarder une carte.

Le Tchad est enclavé. Il n’a pas de frontière maritime. Pour rejoindre un jour la France, il faut traverser vers le nord, traverser la Libye, atteindre la Méditerranée, et ensuite seulement penser à l’Europe. C’est un projet fou, et Leclerc le mène méthodiquement, étape par étape, oasis par oasis.

Le 17 février 1942, la première campagne du Fezzan commence. La colonne Leclerc est alors forte d’environ 600 hommes répartis sur une centaine de véhicules. Les oasis fortifiées tombent les unes après les autres pendant deux semaines. Du 28 février au 8 mars, c’est une succession de coups de main, d’encerclements, d’assauts rapides.

Les Français apprennent à se battre dans le désert, pas comme une armée classique avec des lignes de front, mais comme des raiders : vite, par surprise, en frappant là où l’ennemi ne les attend pas, en disparaissant avant qu’il puisse réagir. De Gaulle salue le résultat depuis Londres : « Réussite complète. Général Leclerc, vous et vos glorieuses troupes êtes la fierté de la France. » Leclerc, lui, planifie déjà la suite.

Il obtient de de Gaulle la nomination du colonel Ingold à la tête des troupes du Tchad pour tenir la base, et il part coordonner l’ensemble depuis Brazzaville au Congo. Il voit grand, il voit plus loin que le désert. En décembre 1942, l’offensive définitive sur le Fezzan commence. L’objectif : chasser les Italiens de toute la région, ouvrir la route de Tripoli et rejoindre la 8e armée britannique commandée par Montgomery, qui remonte depuis l’est après la victoire d’El-Alamein.

C’est une manœuvre à l’échelle du continent. Deux armées venant de directions opposées, faisant converger leurs forces pour prendre l’Afrique du Nord italienne en tenaille. Le 12 janvier 1943, les Français entrent dans Sebha, principal centre militaire du Fezzan. Le 13, ils prennent Mourzouq, la capitale religieuse.

Un millier de prisonniers, un matériel important saisi. Les Italiens sont chassés. De Gaulle s’exalte : « Leclerc ne le cède en rien au plus beau de notre grande histoire. »

Le 26 janvier 1943, la colonne Leclerc rejoint Montgomery à Tripoli.

Des soldats partis du fond du Sahara, qui ont traversé des milliers de kilomètres de désert, rejoignent la grande armée britannique sur le bord de la Méditerranée. Certains contemplent la mer pour la première fois. Une pensée les effleure : ces mêmes eaux baignent les côtes de la France. Il reste pourtant tant à faire.

La campagne de Tunisie est le dernier acte africain. La colonne Leclerc combat à Ksar Rhilane en mars 1943, dans le sud tunisien, contre des éléments de l’Afrikakorps. Ce n’est plus du tout la même chose que Koufra. Ce ne sont plus des Italiens peu motivés dans un fort isolé.

Ce sont des blindés allemands, des artilleurs aguerris, des hommes qui se battent depuis des années sur ce front. Et pourtant, la colonne Leclerc tient. Elle remplit ses missions. Elle prouve une nouvelle fois qu’elle peut se battre contre n’importe quel ennemi, dans n’importe quelle condition.

La campagne d’Afrique se termine le 12 mai 1943. L’Afrikakorps de Rommel se rend. La Tunisie est libérée. Et la colonne Leclerc, cette poignée d’hommes qui avait quitté Fort-Lamy avec des camionnettes rouillées, est maintenant une force constituée de 4 778 hommes, 801 véhicules, appuyée par 18 avions.

Elle a traversé le désert du nord au sud. Elle a combattu les Italiens puis l’Afrikakorps. Elle a contribué à chasser l’Axe d’Afrique. Leclerc n’a pas oublié son serment.

Strasbourg. Il n’a pas oublié. Le 24 août 1943, à Temara au Maroc, la colonne Leclerc devient officiellement la 2e division blindée, la 2e DB. L’hiver 1943-1944 est consacré à l’entraînement et à l’équipement en blindés : des chars Sherman américains, des half-tracks, des Jeep.

La division monte en puissance. Elle devient une vraie grande unité blindée moderne, l’une des meilleures de toute la guerre à venir. Le 11 avril 1944, la 2e DB quitte Casablanca pour l’Angleterre. Les hommes rejoignent les Alliés, s’entraînent encore, attendent, regardent la Manche.

Ils savent que quelque chose de décisif se prépare. Le 6 juin 1944, les Alliés débarquent en Normandie. C’est le D-Day. Le 1er août 1944, la 2e DB débarque à Utah Beach, sur la côte normande.

Ces hommes qui ont traversé le Sahara, combattu à Koufra, à Mourzouq, à Ksar Rhilane, rejoint Montgomery sur les bords de la Méditerranée, foulent maintenant le sol de France. Pour certains, c’est la première fois qu’ils mettent le pied en France. Pour les Tchadiens, les Camerounais, les Républicains espagnols qui composent une partie de la division, c’est même la première fois de leur vie. Ils ont traversé la moitié du monde pour libérer un pays qui n’est pas le leur.

Et ils le font quand même. Le 6 août, la division connaît son baptême du feu en Normandie. Elle se bat dans la région d’Avranches, dans la forêt d’Écouves, dans des combats d’une violence extrême contre les arrière-gardes allemandes qui tentent de freiner l’avance alliée. Leclerc pousse ses hommes et ses blindés sans relâche.

Il libère Alençon le 12 août. Il prouve aux Américains, qui doutaient encore de la valeur combative des Français, qu’ils vont devoir compter avec lui. Et puis arrive le 22 août 1944. L’ordre tombe : Leclerc doit marcher sur Paris.

Ce qui se passe dans les 72 heures qui suivent est extraordinaire. Paris est en insurrection depuis le 19 août. Les FFI, les résistants, se battent dans les rues contre une garnison allemande de 16 000 à 20 000 hommes. Le général allemand von Choltitz tient la ville.

Il a reçu l’ordre d’Hitler de détruire Paris si elle tombe. Les ponts sont minés. Les bâtiments stratégiques sont minés. Paris est littéralement au bord de l’explosion.

Le 24 août au soir, Leclerc envoie une avant-garde. Le capitaine Dron, avec trois chars et trois sections sur half-tracks, entre dans Paris par la porte d’Italie et la porte d’Orléans à 21 h 22. Ces quelques véhicules, escortés par la 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, surnommée La Nueve parce qu’elle est composée en majorité de Républicains espagnols, se postent devant l’hôtel de ville. Toutes les cloches de Paris se mettent à sonner.

Dans son bureau, à l’hôtel Meurice, von Choltitz les entend. Il comprend que c’est fini. Le lendemain matin, le 25 août, la 2e DB entre en masse dans Paris. Les combats sont sévères par endroits.

Des unités SS résistent. Des snipers tirent depuis les toits. Mais rien ne peut plus arrêter le mouvement. À 10 heures du matin, le colonel Billotte adresse un ultimatum à von Choltitz, commandant du Grand Paris.

À 15 h 30, von Choltitz capitule. Il signe la convention de reddition à la préfecture de police, en présence de Leclerc, de Chaban-Delmas et de Rol-Tanguy. Paris est libéré. Leclerc monte dans son scout-car.

Von Choltitz est assis entre les vainqueurs. La foule massée le long des rues les regarde passer. Certains regardent en silence. On va à la gare Montparnasse pour rendre l’acte de capitulation public et officiel.

À 16 h 30, de Gaulle arrive à la gare. Leclerc lui remet l’acte de capitulation. De Gaulle le regarde. Il n’a pas grand-chose à dire.

Les faits parlent d’eux-mêmes. Ce soir-là, de Gaulle se rend à l’hôtel de ville. Il prononce son discours : « Paris martyrisé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré, libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France. » Leclerc n’est pas sur la tribune.

Il est encore dans les rues avec ses hommes. Il y a encore des poches de résistance, il y a encore du travail. Le 26 août, les Parisiens acclament de Gaulle sur les Champs-Élysées. Leclerc marche à côté de lui.

Mais Leclerc n’a pas oublié Strasbourg. Le serment de Koufra. Il n’a pas oublié. La 2e DB part vers l’est.

Elle traverse la Lorraine, elle se bat dans les Vosges. Et le 23 novembre 1944, Leclerc entre dans Strasbourg. Le serment prononcé dans la cour du fort de Koufra, en mars 1941, dans le désert libyen, par un groupe d’hommes sur des camionnettes rouillées, est accompli. Le drapeau français flotte sur la cathédrale de Strasbourg.

Il y a des moments dans l’histoire où quelque chose se ferme proprement. Où ce qui avait été dit est fait. Où la parole tient. C’est un de ces moments.

Ce n’est pas encore la fin. La 2e DB continue à se battre. Elle libère d’autres villes alsaciennes. Elle repousse une contre-attaque allemande en janvier 1945 qui menaçait de reprendre Strasbourg.

Elle franchit le Rhin, elle entre en Allemagne. Et le 4 mai 1945, des éléments de la division atteignent Berchtesgaden en Bavière. Le nid d’aigle d’Hitler, son refuge de montagne dans les Alpes bavaroises. Les soldats de Leclerc sont parmi les premiers à y entrer.

Une boucle se ferme. Des hommes partis du Tchad, du fond du Sahara, ont traversé l’Afrique, la Méditerranée, la Normandie, Paris, les Vosges, l’Alsace, le Rhin, et finissent dans la montagne d’Hitler. Leclerc a 43 ans quand la guerre finit. Il y a une chose qu’on comprend mal quand on lit cette histoire dans les livres, c’est la dimension humaine.

Les hommes de Leclerc ne sont pas des abstractions. Ce sont des individus avec des noms, des visages, des familles qui attendent. Le capitaine Massu, qui commandera plus tard en Algérie. Le capitaine Dron, qui entrera le premier dans Paris.

Le colonel Dio, surnommé le connétable de Leclerc, qui tient l’ensemble ensemble dans les moments les plus difficiles. Ces hommes viennent d’horizons radicalement différents. Des Français de métropole qui ont refusé l’armistice. Des Africains qui n’ont jamais envisagé de se battre pour une Europe qu’ils ne connaissent pas.

Des Républicains espagnols en exil qui cherchent une cause à défendre après la défaite de la République. Des Antillais, des Malgaches, des hommes du Congo et du Gabon. Une division qui ressemble à l’empire français tout entier, avec tout ce que ça implique de contradictions, d’histoires non réglées, et aussi de fraternité réelle forgée dans les combats. Leclerc mourra trois ans plus tard, en novembre 1948, dans un accident d’avion au-dessus de l’Algérie, dans des circonstances jamais totalement élucidées.

Il sera fait maréchal de France à titre posthume en 1952. Son visage est aujourd’hui sur les plaques commémoratives de dizaines de villes françaises. Son nom est porté par des régiments, des avenues, des lycées. Mais il y a quelque chose dans cette histoire qui va au-delà des honneurs et des plaques.

Ce qui rend cette épopée différente, c’est l’obstination tranquille avec laquelle elle a été menée. Sans certitude de réussir. Sans même la certitude que la France libre allait gagner la guerre. En 1941, à Koufra, quand Leclerc prononce son serment, rien n’est joué.

L’Allemagne est maîtresse de l’Europe. L’URSS vient d’être envahie. L’Amérique n’est pas encore dans le conflit. La France est occupée.

Et pourtant, il dit Strasbourg. Et il y va. Pas directement. Par le Sahara, par la Méditerranée, par la Normandie, par Paris, par les Vosges.

Mais il y va. Les décisions que l’on prend dans les moments impossibles définissent ce que l’on est. Ce que Leclerc a décidé en juin 1940, traverser la Manche, refuser la défaite, rejoindre de Gaulle avec presque rien, c’est une de ces décisions.

Elle a entraîné une chaîne d’événements qui finit à Strasbourg en novembre 1944, à Berchtesgaden en mai 1945, et dans les livres d’histoire.